Savez-vous que l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) recommande le don de lait maternel d’une autre mère lorsque la maman n’a pas assez de lait pour son bébé ?
Et ce, avant même de recourir aux préparations commerciales pour nourrissons.
Malheureusement, les stocks de lait humain sont insuffisants, et son coût élevé limite l’accès au don : aujourd’hui, il est réservé aux bébés hospitalisés, dans des conditions bien précises (critères de terme, de poids, de pathologie). Il faut donc une prescription médicale pour en bénéficier.
En France, comment ça fonctionne ?
Le don de lait est organisé par les lactariums de France. Il en existe une vingtaine, mais leur fonctionnement varie :
- Certains ne traitent que le lait des mères hospitalisées,
- D’autres acceptent le lait de donneuses extérieures, le traitent, puis le redistribuent aux hôpitaux de leur région.
Selon les territoires, les disparités sont importantes.
Par exemple, le lactarium de Montpellier couvre tout le grand Sud, soit 14 départements à lui seul !
Les 3 grands principes du don de lait
Comme le don de sang, le don de lait repose sur trois fondements :
1. Le volontariat
La plupart des mères peuvent donner leur lait, sauf contre-indications :
- Certaines infections virales (hépatites B/C, VIH),
- Antécédents de transfusion ou greffe,
- Prise de certains médicaments,
- Consommation de tabac, alcool, stupéfiants.
2. L’anonymat
Le don est totalement anonyme, tant pour la donneuse que pour le receveur.
3. La gratuité
Aucun don n’est rémunéré. Le traitement et la délivrance du lait sont pris en charge par l’Assurance Maladie.
À noter : le traitement du lait a un coût souvent supérieur au remboursement, les lactariums ne génèrent aucun bénéfice. C’est un choix de santé publique.
Un lait précieux pour les bébés prématurés
Pour les prématurés, le lait maternel est un élixir de vie, un véritable médicament.
Il favorise :
- Le développement optimal des neurones, des synapses,
- La construction de la structure gliale cérébrale,
- Et réduit de 6,5 fois l’incidence d’une grave pathologie : l’entérocolite ulcéro-nécrosante.
Comment devenir donneuse ?
Voici comment se déroule un don de lait, en pratique :
- 💡 Il est conseillé de commencer à tirer lorsque la lactation est bien installée, généralement vers 6 semaines. Mais si vous êtes en excédent plus tôt, c’est possible aussi (attention à ne pas surstimuler).
- 🧊 Il faut avoir un congélateur, car l’équipe du lactarium ne passe pas forcément chaque semaine dans toutes les villes.
- 🚫 Vérifiez qu’il n’y a aucune contre-indication médicale (voir plus haut).
- 🧼 Respectez quelques règles d’hygiène, aussi bien lors du recueil que de la conservation du lait.
- 👶 Certains lactariums fixent un âge limite pour votre bébé. Renseignez-vous !
- ⏳ Il n’y a pas de durée minimale : vous tirez à votre rythme, selon vos possibilités.
« Je ne produis pas beaucoup, est-ce que ça vaut le coup ? »
Oui, mille fois oui.
On imagine souvent qu’il faut avoir une surproduction pour être utile. Et pourtant :
👉 Vous pouvez créer une « tétée fictive » en tirant tous les jours à la même heure. Le corps s’adaptera, et même si vous récoltez 50 ml par jour… cela fait 1,5 L par mois !
👉 Vous pouvez tirer sur le sein non utilisé pendant une tétée, si vous allaitez en alternance.
Sachez qu’un bébé prématuré boit de toutes petites quantités : parfois seulement quelques millilitres par repas.
Chaque goutte compte.
Un geste qui donne du sens
Les mamans qui donnent leur lait témoignent souvent d’un gain de confiance en elles, d’un sentiment de fierté, de faire un geste concret, doux, utile, pour d’autres bébés.
❤️ Quelle que soit la quantité, votre don est précieux.
👉 Pour en savoir plus ou trouver le lactarium le plus proche :
🔗 https://association-des-lactariums-de-france.fr/



