Comment se préparer au mieux à l’allaitement pendant la grossesse ?

Je compare souvent l’allaitement à l’accouchement…

Certaines femmes (ou couples) ressentent le besoin de lire une multitude de livres, de consulter des blogs, des sites spécialisés, des publications sur les réseaux sociaux, de rédiger un plan de naissance, de visiter la maternité, de suivre une préparation à la naissance avec leur sage-femme… voire d’en faire une deuxième avec une autre ! Sans oublier les cours de yoga, de sophrologie, d’hypnose… auprès d’autres professionnel·les encore.

Et puis, d’autres futurs parents se laissent porter, ne faisant que les rendez-vous obligatoires. Parfois par manque d’information, parfois par confiance absolue dans la capacité du corps à enfanter. Et c’est très bien ainsi.

Nous sommes toutes différentes. Nous avons toutes des niveaux de stress, d’exigence, de sensibilité aux influences extérieures différents.

C’est un peu la même chose pour l’allaitement. À une différence près : l’accouchement dure quelques heures… mais l’allaitement, lui, s’étale sur des semaines, des mois, parfois des années. Il peut devenir une part importante de votre quotidien, surtout si vous avez plusieurs enfants.

Au fil du temps, des questions surgiront forcément : de la part de la famille, des amis, de professionnel·les pas toujours formé·es… Il y aura des regards, des conseils non sollicités, des jugements, parfois même des interdictions infondées.

L’allaitement est un sujet sensible, qui suscite souvent le débat.

On entend souvent que la lactation (le processus naturel de production du lait après l’expulsion du placenta) est automatique. Et c’est vrai : même une femme qui ne souhaite pas allaiter connaîtra une montée de lait.
Mais l’allaitement, lui, est culturel. On allaite comme nos mères, nos sœurs, nos amies l’ont fait. Comme on l’a vu dans les films, les pubs, les livres, les peintures…

Les mamans d’aujourd’hui, en âge de procréer, ont en moyenne été peu allaitées : dans les années 90, seules 45 % des femmes allaitaient en maternité. Le taux chutait encore plus dans les jours ou semaines suivantes.

Aujourd’hui, si le taux d’allaitement à la sortie de la maternité atteint 60 à 70 % selon les régions, l’allaitement exclusif à 2 mois ne concerne plus que 34 % des bébés. La reprise du travail est rarement compatible avec un allaitement serein. L’allaitement en public reste minoritaire et, parfois, mal perçu. L’allaitement long, lui, est encore jugé, y compris par certains professionnel·les de santé.

Alors, comment se préparer concrètement pendant la grossesse ?

Il peut être utile d’avoir quelques notions de base :

  • Comprendre la physiologie de l’allaitement,
  • Connaître les rythmes du bébé et ses besoins,
  • Savoir reconnaître une tétée efficace,
  • Apprendre à repérer les signes qu’un bébé a bien bu,
  • Gérer les petits tracas du début : montée de lait, mamelons sensibles, crevasses…

On peut aussi se poser d’autres questions pratiques :

  • Quel matériel est utile ?
  • Est-ce que je veux allaiter exclusivement ?
  • Puis-je faire du mixte ?
  • Est-ce que je peux donner un biberon occasionnellement ?
  • Comment anticiper le post-partum (préparer des repas à l’avance, limiter les visites, demander de l’aide, organiser du soutien émotionnel…) ?

Bien sûr, vous trouverez des livres, des blogs, des podcasts, des publications… Mais il peut aussi être judicieux de faire un tri dans cette abondance d’informations. Notamment en rencontrant une personne formée, en complément des séances de préparation à la naissance proposées par l’Assurance Maladie.

Quand me rencontrer ?

C’est une question qu’on me pose souvent ! En tant que consultante en lactation IBCLC, je peux recevoir les parents en fin de grossesse, idéalement vers le 7e ou 8e mois.

Pourquoi à ce moment-là ? Parce que juste après l’accouchement, avec la chute hormonale, il est parfois difficile de se concentrer, de retenir les informations, de prendre du recul…

Rencontrer une professionnelle pendant la grossesse, c’est aussi créer un lien, voir si le feeling passe, évaluer ses compétences, son écoute… pour savoir à qui s’adresser rapidement si un besoin survient après la naissance.

S’entourer, se nourrir des expériences

Je recommande aussi vivement de s’entourer de mamans allaitantes, que ce soit dans votre entourage ou lors de réunions de groupe. Il existe de nombreuses associations, nationales comme La Leche League, Allaitement Tout Un Art, L’Or Blanc… ou des groupes locaux (renseignez-vous auprès de votre sage-femme).

Cela vous permettra :

  • De voir des bébés au sein (ce qui est devenu assez rare),
  • D’échanger sur les petits tracas, mais aussi sur les grandes joies,
  • De comprendre qu’il faut parfois persévérer pour atteindre une certaine plénitude.

Les études le confirment : le soutien entre mères est souvent le plus efficace.

En résumé :

👉 Il n’y a pas de bonne ou mauvaise façon de se préparer à allaiter.
👉 Mais s’informer un minimum, s’entourer, et trouver les bonnes personnes peut tout changer.
👉 Et surtout : faites-vous confiance. 💛

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