Le colostrum, aussi appelé or liquide à cause de sa couleur jaune orangé (mais parfois brunâtre ou même verdâtre), est un concentré de bienfaits pour le nouveau-né.
Il commence à être sécrété par la glande mammaire dès le 4e mois de grossesse, bien avant que le bébé ne soit viable. Le corps humain anticipe déjà tout ce qui sera nécessaire pour nourrir et protéger ce petit être à venir.
Certaines femmes observent de petits écoulements, notamment après la douche ou en pressant leur mamelon, ou encore de petites croûtes sur le mamelon. Cela peut survenir à différents stades de la grossesse. Certaines en produiront beaucoup, d’autres ne le remarqueront même pas — chaque corps est unique.
Bien plus qu’un aliment…
Le colostrum est :
- Pauvre en lipides et en lactose, donc un peu moins calorique que le lait mature,
- Mais deux fois plus riche en protéines,
- Et surtout gorgé de facteurs immunitaires comme :
- La lactoferrine,
- Le lysozyme,
- Et surtout les immunoglobulines A (100 fois plus présentes que dans le lait mature), qui en font un véritable vaccin naturel.
Il contient aussi :
- Des vitamines liposolubles (comme les caroténoïdes, qui lui donnent sa couleur),
- Des oligo-éléments,
- Des facteurs de croissance,
- Des cellules vivantes et des oligosaccharides qui vont tapisser le tube digestif du bébé pour préparer son microbiote intestinal.
Il a également une action laxative, favorisant l’émission du méconium et prévenant certains types d’ictère.
Une première tétée précieuse
C’est pour cela qu’il est très important que le bébé reçoive du colostrum, idéalement dès la première tétée, même si la mère ne souhaite pas allaiter.
Dans ce cas, on peut proposer une tétée d’accueil, ou bien recueillir manuellement le colostrum pour le donner à bébé sans contact direct.
Dans certaines cultures, le colostrum a longtemps été considéré comme impur à cause de sa couleur, et les bébés étaient mis au sein seulement après la montée de lait, en attendant, ils jeûnaient ou recevaient de l’eau sucrée… Ce retard pouvait avoir des conséquences sur leur santé.
L’expression anténatale de colostrum
Dans certaines situations, il peut être recommandé de recueillir du colostrum avant la naissance, à partir de la 37e semaine d’aménorrhées, notamment si l’on prévoit un risque d’hypoglycémie ou un besoin de soutien immédiat à la naissance :
- Bébé prématuré,
- Petit poids,
- Césarienne programmée,
- Diabète gestationnel…
La maman peut alors exprimer manuellement quelques millilitres de colostrum (1, 2 ou 5 ml), les conserver dans des seringues stériles, et les congeler pour le jour J.
Ce précieux liquide sera donné au bébé s’il y a séparation après la naissance.
À la maternité : comment recueillir le colostrum ?
Une fois bébé né, le colostrum est souvent recueilli à la main, plutôt qu’avec un tire-lait. Pourquoi ? Parce que les gouttes collent aux parois du biberon ou du récipient… et il serait dommage d’en perdre !
On utilise alors :
- Une cuillère,
- Une mini cup,
- Ou une seringue, pour le proposer directement à bébé. Il reconnaît tout de suite le goût, et en est souvent très friand !
Et après ?
La sécrétion de colostrum dure en général 3 à 5 jours.
Progressivement, les quantités augmentent, le lait s’enrichit en lactose et en eau, devient plus jaune pâle, puis blanc : c’est le début de ce qu’on appelle la montée de lait.
En résumé :
🌟 Le colostrum est un concentré de protection, d’adaptation, et un formidable premier lien entre maman et bébé.
🌟 Même en toute petite quantité, il a un impact immense sur la santé et le bien-être du nouveau-né.
🌟 Il mérite d’être connu, valorisé… et célébré !



